Visualiser les zones d'obstruction pendant un sommeil induit pour mieux choisir la suite du traitement
L'ESSI, ou endoscopie sous sommeil induit, est une exploration visuelle des voies aériennes supérieures réalisée sous sédation. Il est proposé lorsque cette observation dynamique peut aider à confirmer un site obstructif, à évaluer l'intérêt d'un traitement, ou à mieux comprendre l'échec d'une PPC, d'une orthèse d'avancée mandibulaire ou d'une stratégie chirurgicale.
L'ESSI permet de visualiser de manière dynamique les zones des voies aériennes supérieures responsables d'apnées, d'hypopnées ou de ronflement pendant le sommeil induit.
L'examen est utile pour évaluer l'intérêt des traitements proposés dans le SAHOS et le ronflement, notamment lorsqu'une chirurgie ciblée est discutée, en l'absence de site obstructif évident à l'examen réveillé.
Il peut aussi aider à expliquer pourquoi une PPC ou une orthèse d'avancée mandibulaire ne donne pas le résultat attendu ou n'est pas bien tolérée.
• Ronflement important ou SAHOS avec question thérapeutique encore non tranchée.
• Projet de chirurgie du sommeil nécessitant un bilan dynamique des voies aériennes.
• Suspicion de plusieurs niveaux d'obstruction, avec besoin de préciser le niveau prédominant.
• Intolérance ou efficacité insuffisante d'une PPC ou d'une orthèse d'avancée mandibulaire.
• Tous les traitements pris régulièrement, en particulier s'ils modifient l'anesthésie ou le risque hémorragique.
• Tout antécédent d'allergie, notamment médicamenteuse, ou de difficulté anesthésique antérieure.
• Une maladie respiratoire récente ou décompensée, ou un état infectieux intercurrent.
• Les examens déjà réalisés : prises de sang, imagerie, polygraphie ou polysomnographie.
Une consultation préalable avec le médecin anesthésiste-réanimateur est nécessaire pour préparer la sédation et répondre à vos questions sur l'anesthésie.
Apportez vos documents médicaux utiles, en particulier les enregistrements du sommeil, vos ordonnances, vos bilans déjà réalisés et les comptes rendus disponibles.
Respectez strictement les consignes de jeûne et de traitement transmises par l'équipe. La fiche officielle recommande aussi de venir avec votre oreiller personnel le jour de l'examen.
L'examen se déroule au bloc opératoire, sur un lit d'hôpital ou sur la table opératoire si un geste complémentaire a été anticipé.
Le sommeil est induit par les médicaments d'anesthésie administrés par perfusion, sous la surveillance de l'anesthésiste.
Un nasofibroscope souple relié à une colonne vidéo est utilisé pour observer et enregistrer les zones de collapsus. La séquence d'endoscopie dure en général moins de 20 minutes.
Dans certaines situations sélectionnées, un geste chirurgical prévu à l'avance peut être réalisé dans le prolongement immédiat de l'ESSI. Sinon, l'examen est suivi d'une surveillance en ambulatoire jusqu'aux critères de sortie.
L'ESSI aide à juger si une option chirurgicale paraît cohérente, et si oui à quel niveau elle devrait être ciblée.
L'intérêt de l'ESSI est justement d'éviter de proposer la même réponse à tous les patients. Il permet d'appuyer une décision plus personnalisée.
Les résultats sont discutés avec l'ensemble du bilan clinique et du sommeil pour décider d'une surveillance, d'un traitement non chirurgical, d'une chirurgie ciblée ou d'une stratégie combinée.
Les médicaments utilisés peuvent entraîner une désaturation. Si elle dépasse le niveau constaté sur votre enregistrement du sommeil, une oxygénothérapie peut être mise en place, voire un arrêt anticipé de l'examen.
La tolérance du nasofibroscope ou des médicaments peut rarement limiter la qualité de l'examen. Le geste doit toujours rester atraumatique.
La respiration spontanée est maintenue pendant tout le geste, contrairement à une anesthésie générale. Une surveillance est assurée jusqu'à la sortie en ambulatoire selon les consignes de l'équipe.
Comme pour tout geste avec anesthésie, une réaction allergique au produit anesthésique reste la complication grave prédominante, même si elle reste extrêmement rare.
En cas d'apnée impossible à contrôler, une ventilation au masque ou une intubation orotrachéale peuvent être nécessaires. Cette situation reste exceptionnelle.
Auteur : Dr Quentin Lisan
Cette page reprend les grands repères utiles pour comprendre l'examen et ne remplace pas une consultation médicale individualisée. Prendre rendez-vous.